George Cannon

Après une semaine en terres Grenobloises à profiter des fromages rhonalpins de la fromagerie Les Alpages, à déguster les thés du Jardin du Thé, à me délecter des chocolats grands crus de Thierry Court et à savourer les bières de la région sourcées par La Bulle Grenobloise, me revoilà à Paris…

Le soleil est de retour et nous décidons de flâner dans le merveilleux Jardin du Luxembourg. Humer les fleurs, languir sous les rayons de soleil, jouer aux échecs, observer les ruches, un agréable début d’après-midi…

Nous continuons notre périple en allant découvrir le comptoir et le salon de thé George Cannon rue Notre Des Champs, Paris VI…

En amoureux, nous apprécions partager de nombreux tea time ! Quel bonheur de flâner ensemble tout en éveillant nos papilles. Un travail de longue haleine, c’est un bonheur d’échanger et d’apprendre ensemble.

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Pour commencer ce tea time, l’équipe de George Canon, nous offre un thé rouge chinois de la province d’Anhui : le « Keemun (ou Qimen) Mao Feng » F.O.P bio.

Il est manufacturé de façon singulière, contrairement aux autres « Qimen », à partir du cultivar habituellement utilisé pour le thé vert « Huang Shan Mao Feng » aux feuilles tendres et aux bourgeons très duveteux.

Après le flétrissage, les feuilles sont façonnées à la main en aiguilles dans le sens de la longueur, donnant à celles-ci un aspect long et fin. Elles passent ensuite en salle d’oxydation. Pour finir les feuilles sont séchées.

La liqueur de ce thé est rouge sombre. La texture de celle-ci est ronde et ample. Nous retrouvons de l’astringence dans un second temps. Appréciant généralement plus les thés verts, je trouve que ce thé est d’une grande délicatesse.

Le « Keemun Mao Feng » a un profil aromatique complexe, les arômes se révèlent progressivement. Il dévoile des notes boisées, de cuir et de cacao amer.  Un vrai plaisir ! A découvrir !

Prix : 8,5 € la dégustation

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Nous avons ensuite craqué pour deux références différentes.

Mon compagnon a choisi un thé blanc chinois de la province du Fujian. Ce thé est un Paklum Silver Needle / Bai Yao Yin Zhen.

La cueillette dite ’impériale’ est faite entièrement à la main pendant deux jours par an et seuls les plus beaux jeunes bourgeons sont choisis. C’est un thé recherché par les amateurs de par sa rareté et sa délicatesse.  Les feuilles de Yin Zhen ressemblent à des aiguilles couvertes de pointes argentées.

Comme tous les thés blancs, il ne subit que deux opérations : un flétrissage au doux soleil printanier et un séchage à basse température.

Savez vous que pour obtenir un kilogramme d’« Aiguilles d’Argent », il faut cueillir plus de 120 000 bourgeons duveteux.

La liqueur de ce thé est jaune pâle. La texture de celle-ci est poudrée dans un premier temps et révèle ensuite une légère astringence. Le profil aromatique de ce thé est subtil  et équilibré. Nous découvrant lors de la dégustation des notes sucrées, miellées et d’osier mouillé.

Prix de la dégustation : 13.50 €

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Pour ma part, j’ai dégusté un thé en galette de Yunnan Pu Er Sheng (vert / cru).

Pour en savoir plus sur le Pu Er, voilà une explication précise et concise by the-puer.com :

« Le Pu’Er, également dénommé « Pu’Erh », est un grand thé de Chine issu d’une tradition très ancienne. Il est récolté sur des théiers d’une variété particulière dans des jardins naturels des montagnes du Yunnan (Sud Ouest de la Chine). Ces arbres peuvent être très vieux et parfois sauvages. Il existe deux types de thés Pu’Er : les « Sheng Cha » (Pu’er verts ou crus) et les « Shu Cha » (Pu’er fermentés dits aussi Pu’Er rouges ou sombres). Le Pu’Er vert présente la particularité de mûrir avec les années, à la manière d’un vin, selon un processus dit de « post fermentation naturelle ». Le Pu’Er rouge se bonifie également avec le temps.

Trois critères conditionnent l’attribution du nom « Thé Pu’Er » (Pu’Erh).

  1. Le thé doit être récolté sur des théiers de variété dites « à grandes feuilles » (Camelia Sinensis var. Assamica notamment). Les théiers sont classés en trois catégories: les « grands arbres » (Da Shu) âgés de 50 ans et plus, les « très vieux arbres » (Gu Shu) dont certains sont âgés de plusieurs centaines d’années et les « arbres des collines » (Qiao mu, Xiao Shu) plus jeunes. Nos Pu’Er sont principalement issus de Da Shu et Gu Shu.
  2. L’aire de production doit être située dans le bassin du Mekong (régions du Xishuangbanna, des 6 Montagnes, de Lincang, de Simao-Pu’Er…).
  3. Les feuilles de thé doivent impérativement être séchées au soleil (et non dans un four) pour produire le Mao Cha. » 

La liqueur de ce thé est jaune / beige.  Sa texture est souple mais peu être parfois astringente.

La date de fabrication de ce Pu Er n’étant pas indiquée, j’ai un doute sur son âge. Je pense qu’il doit être assez jeune car j’ai retrouvé des notes fruitées assez intenses lors de la dégustation. Généralement, les Pu Er jeunes dévoilent souvent des notes herbacées, fruitées, astringentes, amères alors que les Pu Er matures offrent en bouche plus des notes boisées, minérales, rondes, douces, moelleuses.

Sur la carte, ils proposent un Pu Er en indiquant son âge : 23 ans. Il est beaucoup plus onéreux. Je pense que si le fameux Pu Er que nous avons dégusté était mature, il serait donc bien plus cher…

Prix de la dégustation : 9,50€

Prix de la dégustation pour un Pu Er de 23 ans d’âge : 20 €

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En allant chez George Cannon, vous découvrirez un salon de thé convivial et lumineux. Vous pourrez profiter d’expositions temporaires autour du thé… D’ailleurs, jeudi 4 mai de 18h30 à 22h, un vernissage est organisé pour présenter l’exposition « L’esprit du Thé » !
Allez-vous y aller ?
A bientôt les tea lovers pour de nouvelles dégustations surprenantes !
George Cannon :
Adresse : 12 Rue Notre Dame des Champs 75006 Paris
Téléphone : 01 53 63 05 43
Fermé le dimanche
Ouvert du lundi (12h/18h) et du mardi au samedi (10h30 / 19h30)
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NOMA au Japon

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Vous pourrez découvrir « NOMA au Japon » mercredi prochain au cinéma ! – Pour le plus grand bonheur des fins gourmets –

Ce film fait parti de ces œuvres qu’il est difficile d’oublier !

NOMA est un restaurant doublement étoilé situé à Copenhague au Danemark. Il est dirigé par le chef René Redzepi.

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Le nom est un mot-valise formé des deux termes danois « no rdisk » (pays nordiques) et « ma d » (nourriture).

Le chef Danois s’est formé au près de chefs talentueux comme le pape de la cuisine moléculaire Ferran Adria (El Buli – Espagne), les Frères Pourcel  ou encore Thomas Keller.

Il a ensuite réalisé un long voyage dans les régions scandinaves pour en étudier l’inconscient culinaire. Il ouvre à 25 ans NOMA dans un ancien entrepôt, sur le front de mer, dans le quartier Christianshavn au centre de la capitale danoise.

Noma offre « une cuisine sans artifice, qui puise dans la nature, dans les produits sauvages des forets danoises, axées sur les herbes spontanées et la flore incontaminée, les algues et les arborescences du littoral, entre le cru et le cuit, les pickled et le travail sur les fermentations ».

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Après avoir essuyé de nombreuses critiques , l’équipe a tout de même continué à travailler avec acharnement. La brigade est restée authentique. Ce n’est pas facile d’être en avance sur son temps mais parfois, il faut savoir préserver. C’est ce qui fait, à mes yeux,  la grande force de René Redzepi et de ses collaborateurs.

Comme Nelson Mandela nous l’a bien dit : « La plus grande gloire dans la vie ne réside pas dans le fait de ne jamais tomber, mais dans celui de se relever à chaque fois que nous tombons. »

Respecter et mettre en valeur les produits, cela ne pouvait que finir par éblouir les clients.

En 2005, NOMA obtient sa première étoile. Deux ans après l’ouverture. L’aventure ne s’arrête pas là et le restaurant obtient sa deuxième étoile en 2007.

Le succès ne dément pas et il devient le meilleur restaurant du monde en 2010 selon le classement du « World’s 50 Best Restaurant ». Un prix qu’il obtiendra 4 fois.

En 2015, NOMA, ne se reposant toujours pas sur ces lauriers, décide d’émigrer au Japon pour un pop-up de deux mois au Mandarin Oriental.

« On avait tout simplement envie de vivre une belle aventure ensemble. Une expédition collective, pour souder l’équipe, ouvrir de nouvelles portes, s’enrichir d’autres expériences. On ressentait le besoin de changement, l’urgence de casser la routine qui au bout de plusieurs années d’existence et de succès peut s’installer. »

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La question qui me vient à l’esprit est pourquoi NOMA a choisi le Japon…

« L’envie de nous confronter à l’inconnu de la cuisine japonaise, forte d’une tradition millénaire embrassant tous les niveaux, de la version domestique, quotidienne et populaire au raffinement de la plus haute gastronomie ».

Le résumé du film :

« Janvier 2015. Le NOMA vient de recevoir pour la 4ème fois le titre de meilleur restaurant du monde. Le chef, René Redzepi, décide de fermer son restaurant de Copenhague pour ouvrir une résidence de deux mois à Tokyo, au Japon. Le but : proposer un menu exceptionnel de quatorze plats spécialement conçus pour l’occasion. René Redzepi et sa brigade ont six semaines pour créer de toutes pièces un menu unique et novateur en harmonie avec la culture japonaise, avec des produits et des saveurs qu’ils ne connaissent pas. Une course contre la montre s’engage. »

Pour découvrir la Bande Annonce : Allociné

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Je n’ai pas vraiment envie de vous en dire plus car j’aime être surprise lorsque je vois un film. C’est ça aussi la magie du cinéma. Je peux tout de même vous conseiller d’y aller pour plusieurs raisons :

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j’ai observé l’équipe s’imprégner du pays et j’ai apprécié qu’ils aillent à la rencontre des locaux tout en restant humbles devant le savoir ancestral des Japonais. La Brigade source au fil du temps des produits inédits du pays du soleil levant et apprend à les travailler en se les réappropriant.

Le chef est intransigeant et pousse son équipe à aller toujours plus loin. Tout au long de cette expérience, la brigade s’est donc remise en question et a été confrontée à ses démons afin de ne surtout pas répéter l’histoire du NOMA Made In Copenhague. René Redzepi pense qu’il ne faut jamais prendre le chemin le plus simple. Casser la routine, sortir de sa zone de confort, quoi de plus exaltant ? Le chef n’hésite pas à demander à ses coéquipiers de transformer totalement un plat après plusieurs mois de recherches culinaires.

L’équipe subit une pression permanente car elle doit prendre en compte les critiques du chef et faire évoluer ses créations au jour le jour. Elle doit également apprivoiser la pression des critiques culinaires et du public qui attend NOMA au Japon de pied ferme. Pour réussir ce challenge, cela doit induire une grande cohésion d’équipe et un partage passionné collectif.  Chaque élément de la brigade apporte sa pierre à l’édifice en étant partie prenante au succès de ce pop up japonais.

Ce film est intéressant car il permet au public d’appréhender le processus de création du chef et de ses collaborateurs qui sont indispensables !

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Rien ne fait peur à René Redzepi qui a réitéré l’expérience pop up en Australie en 2016. Il se met également en danger actuellement au Mexique !

NOMA fait peau neuve en fermant définitivement le restaurant historique.

Il ouvrira ses portes courant 2019. Au menu, un restaurant ferme urbaine et jardin potager en (quasi) autosuffisance aux portes de Copenhague.

On économise (un peu, beaucoup) et on va tenter l’expérience ? 😉

 

 

Photographies : Copyright Urban Distribution

Soir des thés

Vendredi 17 mars, j’ai eu le plaisir de déguster le menu « Soir des Thés » avec Christophe.
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Les étudiants de la licence de design culinaire du pôle de gastronomie de l’université de Cergy-Pontoise ont eu la chance de composer un menu en association avec Madame Tseng, réputée dans le monde entier comme l’un des plus grands experts dans le monde du thé.
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Elle a ouvert en 1995 « La Maison des trois thés » à Paris, la plus grande cave à thés du monde. – 1000 variétés de thés proposés par an, 500 millésimes dans la cave. –
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Nous arrivons avec Christophe et nous sommes accueillis par le chef Sylvain Lacroix. Un homme passionné, à l’écoute et engagé.  Grâce à ses connaissances, ce chef a apporté son soutien sur le plan moléculaire afin que les feuilles de thé puissent s’exprimer dans les différentes créations culinaires du repas « Soir des thés » avec subtilité. Il nous explique comment va se dérouler la soirée et nous raconte l’évolution du projet « Soir des thés ».

La soirée se déroule en présence de Hervé Lhermet, qui a piloté les élèves pendant 4 semaines intenses de module autour du thé. Il est coordinateur et responsable de la Licence MACAT – parcours création et développement en design et art culinaire – de l’université de Cergy Pontoise. Il est également  professeur certifié au lycée Guillaume Tirel.

C’est un vrai plaisir d’échanger avec un professionnel de la gastronomie aussi exigent, dynamique et créatif.

Le chef coache  les élèves tout au long de l’année et a le plaisir de les voir s’épanouir autant sur le plan créatif que technique. Ses yeux s’illuminent lorsqu’il parle de l’évolution de ses étudiants.  Il nous a expliqué que ces jeunes venaient d’obtenir un B.T.S Hôtellerie Restauration ou  un diplôme d’arts appliqués (Par exemple : Boule / Duperré…).

« A ce stade de la licence, ils se synchronisent et je ne suis pas sûr que vous allez trouver quel parcours ils ont fait avant… »

Défi lancé ?

En France, le thé est encore peu connu. Il est surtout utilisé comme boisson et vendu en sachets, la plupart du temps aromatisé et/ou parfumé, et consommé sous forme d’infusion à l’eau bouillante, souvent sucrée et/ou avec du lait.

Sa diversité reste en général affaire des connaisseurs : peu nombreux sont les non-initiés capables de trouver quelque chose de similaire dans une galette de pu-erh, un bol de poudre verte intense de matcha, l’éclat argenté des feuilles d’un thé blanc, ou encore le parfum corsé d’une première récolte TGFOP d’Assam. Idem pour les manières de préparation : il n’est pas anodin de voir les salons de thé servir des grands crus infusés avec l’eau du robinet, et surtout à une température bien au-dessus de celle qui permettrait de garder les délicates nuances du produit.

Pourtant, cette richesse ne se limite pas à la différence d’origine ou d’aspect : le monde de thé offre une variété olfactive et gustative tout à fait comparable avec celle du fromage ou de vin. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle depuis plusieurs années le thé commence à faire son entrée dans le monde de la pâtisserie et la gastronomie de luxe : Comme  par exemple le Macaron « Imagine » de Pierre Hermé :  Thé Vert Matcha & Croustillant au Sésame Noir,  la Tarte Caramel Beurre Salée au Matcha de Sadaharu Aoki, ou encore un des plats signatures d’Anne-Sophie Pic « Les Berlingots » associant le banon, la bergamote, le gingembre et le Matcha.

Pour autant, cette tendance reste pour l’instant relativement limitée ; d’où l’intérêt du projet mené conjointement par Hervé Lermet, Sylvain Lacroix et Madame Tseng qui a pour ambition – parfaitement réussie – d’explorer les accords mets-thés, en créant des recettes qui marient les saveurs exotiques du thé de Chine aux plats salés et sucrés.

Lors de l’apéritif, un élève nous propose de déguster un Sencha glacé, thé vert aux notes herbacées et iodées produit au Japon, servi dans un coupe de champagne. Quel bonheur de participer à un repas qui ne propose pas d’alcool en apéritif. Un repas qui met en avant ma boisson préférée du début jusqu’à la fin. C’est bien trop rare de nos jours !

Pendant tout le repas nous avons dégusté le Pu Er Chuan Cheng en galette millésime printemps 2013. C’est un thé chinois qui vient de la province du Yunnan. Ce thé, avec une longueur en bouche très présente, permet de « rincer les saveurs » entre chaque plat.

« Ce Pu Er jeune issu de théiers séculaires révèle des notes de pêche blanche, de prune et d’abricot, mais aussi d’artichauts à la vapeur. Des nuances nacrées annoncent une fin de bouche florale. »

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Première création :

Teng Chong Bai Yin Zhe – Artichaut & Physalis : Tuile de pain au thé Teng Chong Bai Yin Zhe, pickles d’artichaut, physalis au pamplemousse, purée d’artichaut à l’huile de thé,  sphèrification inversée de thé.

Le thé utilisé dans ce plat : 

Le Teng Chong Bai Yin Zhen est un thé blanc en provenance  de Chine dans la Province de Yunnan. « Il révèle des notes de sirop d’érable, d’abricot et de fleurs d’orchidées qui se prolongent vers le pois de senteur et le parfum de miel d’acacia. »

Mes impressions : 

Les élèves nous apportent l’assiette, nous présentent le plat et enlèvent le sphèrification inversée de thé en laissant place à une entrée pleine de puissance végétale, fleurie, acidulée associant le pamplemousse, l’artichaut et le thé. Belle surprise !

 

 

Deuxième création

Xiao Yin Zhen & Langoustine & Noix de Saint-Jacques : Carpaccio de Saint-Jacques et de langoustine / citron caviar, gelée au thé, vinaigre acidulée à l’anone, granité au thé, tuile à l’encre de sèche.

Le thé utilisé dans ce plat

Le Xiao Yin Zhen est un thé blanc parfumé au jasmin en provenance de Chine dans la province de Fujian.

« Ce thé blanc subtil aux senteurs florales se marie idéalement avec le parfum du jasmin grâce à la technique de l’enflorage qui réunit pour un temps les bourgeons et les fleurs. Une liqueur tout en équilibre et en poésie où les notes de fleur, de fruit, en l’occurrence le longane, la poire mûre et l’annone se mêlent à la douceur du miel. »

Mes impressions : 

Un plat plein de subtilité. J’ai beaucoup apprécié l’acidité du citron caviar associée à la rondeur de la Saint-Jacques et de la langoustine. La gelée de thé apporte des notes fleuries et parfume le tout.

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Troisième création : 

Cui Yu – Céleri & Pleurote : crumble / crème de pleurotes / chips de pleurotes / mini céleri en croûte de pâte à sel, mousse de lait au thé Cui Yu

Le thé utilisé dans ce plat : 

Le Cui Yu  est un thé bleu-vert en provenance de Taiwan.

« Un thé tout en parfums : des fleurs telles que le magnolia et le lilas blanc embaument sur cette infusion légère et rafraîchissante où se mêlent des notes de courgettes à la vapeur et de petits pois. »

Mes impressions : 

Les élèves ont découpé le céleri devant les invités. Ce légume libéré de sa croûte de pâte à sel à embaumé toute la salle.  Le Cui Yu,  aux notes fleuries, et la pleurote, au parfum de noisette mettent en valeur la puissance végétale du céleri.

Quatrième création : 

  • Pu Er en vrac millésime 1998 – Escargots & Volaille : Suprême de volaille / morilles / betteraves en croûte de sel / risotto au thé / jus au pu erh / risotto au thé

Le thé utilisé dans ce plat : 

Le Pu Er Shu Cha est en provenance de Chine dans la province du Yunnan.

« Une liqueur très souple, riche en matière, développant des fragrances tourbées, aux accents de caves et aux notes de sous-bois, de champignons et une légère touche de bois de camphrier. »

Mes impressions : 

J’ai trouvé le suprême de volaille particulièrement moelleux. J’ai rarement eu l’occasion d’en déguster un aussi bien cuit. J’ai apprécié l’association osée avec les escargots. Une autre manière de déguster ce produit. Le jus était corsé. Nous retrouvions bien les caractéristiques du Pu Erh qui révèlent souvent des notes tourbées et de sous-bois. Le risotto au thé est une idée de recette originale et j’ai très envie de la réaliser chez moi ! Je suis amoureuse de l’Italie et de sa gastronomie ! (Le pays que j’ai le plus visité pour le moment : Rome, Turin, Milan, Gènes et sa région, la Sicile…)

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Cinquième création : 

  • Tié Guan Yin 2 – Feuilletage & Poire : pâte feuilleté / billes de poires / crème chiboust au thé / meringue italienne.

Le thé utilisé dans ce plat : 

Le Tié Guan Yin est un thé bleu-vert en provenance de Taiwan.

« Ce thé torréfié offre des arômes boisés, chocolatés subtilement mêlés à des parfums de fruits secs comme le pruneau ou encore la figue. Il laisse une bouche fraîche où les sensations mentholées se développent subtilement. »

Mes impressions : 

La poire crue et les billes de poires donnent une sensation de fraîcheur au dessert. La pâte feuilletée est bien cuite et elle est très croustillante. La crème chiboust est légère et peu sucrée. Ce qui m’a impressionné :  le goût de ce thé qui explose en bouche. Nous retrouvons les caractéristiques du Tié Guan Yin et on s’en délecte.

Dernière création : 

Thé Bai MaoFeng & Thé Matcha – Meringue & Crème

Les thés utilisés : 

Le Bai Se Mao est un thé rouge en provenance de Chine dans la Province de Guangxi.

« Ce thé a une liqueur gourmande aux notes d’abricot sec, de miel de fleur d’oranger avec une légère touche d’agrumes. »

Le Matcha est un thé vert. Il vient du  Japon, du terroir de Yamé sur l’île de Kyushu.

« Cette liqueur évoque les pousses d’épinard avec une belle note de noisette fraîche et une touche iodée de laitue de mer. Un thé exprimant clairement le goût umami. »

 

La surprise finale

Mes impressions : 

J’apprécie énormément les thés japonais pour leur gout « umami » et je suis heureuse d’avoir découvert une association étonnante avec le Bai Se Mao qui rend le dessert délicat. Il adoucie les notes végétales et iodées du matcha de part ses effluves fruitées.

J’ai apprécié le petit clin d’œil Japonais. Ce repas a été construit atour de thés chinois d’exception mais il a commencé avec un sencha (Japon) en apéritif  et s’est terminé en beauté avec un dessert alliant le Bai Se Mao (thé rouge chinois) et le matcha (thé vert japonais). La boucle est bouclée.

Un repas que je ne suis pas prête d’oublier. C’est un projet riche, cohérent et abouti.

Un vrai éveil des sens !

Je souhaite sincèrement remercier :

  • Christophe pour l’invitation et pour nos débats culinaires
  • Hérvé Lhermet et Sylvain Lacroix pour nos échanges lors de cette soirée, pour avoir travaillé sur les accords mets et thés, un sujet encore peu traité dans le milieu culinaire, pour le plaisir que j’ai eu lors de la dégustation de ces 5 plats autour du thé
  • Maitre Tseng qui a accompagné les élèves et les chefs lors de ce module intense autour du thé.
  • Les étudiants pour leur enthousiasme et leur professionnalisme

 

La Maison des Trois Thés

1 Rue Saint-Médard, 75005 Paris
Ouvert tous les jours de 11h à 19h 30 sauf le lundi
01 43 36 93 84

Crédits photos : Licence Macat / Responsable Parcours 4 Hervé Lhermet / Chef de cuisine Sylvain Lacroix

Les Madeleines de Gilles Marchal

Lorsque vous vous baladez près de Montmartre, vous devez absolument aller faire un tour chez le fameux chef pâtissier Lorrain Gilles Marchal ! Après avoir dégusté ses madeleines, vous ne pourrez plus vous en passer.

C’est surement les madeleines les plus prisées de Paris.

Un vrai retour en enfance !

Quand Gilles Marchal explique les secrets de fabrication de ses petits trésors : « Je suis né en Lorraine, la madeleine aussi. C’est un de mes gâteaux d’enfance, devenu l’emblème de ma pâtisserie. Donc, vous comprenez mon attachement particulier. Le secret vient de leur fraîcheur : cuites plusieurs fois par jour dans nos fours, elle arrivent dans la boutique encore tièdes et n’ont d’ailleurs pas le temps de refroidir avant d’atteindre les papilles de nos clients. Elles sont toutes légères et ont de multiples parfum : natures, glacées ou fourrées, selon l’humeur du Chef. »

Merci à ma collègue (@renardsgourmets) qui m’a permis de découvrir ces pépites lors d’un goûter au travail. Une vraie claque culinaire.

Plus tard, j’y suis retournée avec une amie. Nous avons passé le B.T.S hôtelier ensemble. J’en ai également profité pour en ramener quelques unes chez moi.

– Gourmande, moi ? Un tout tout tout petit peu -.

J’ai donc eu l’occasion de déguster la madeleine citron, la madeleine framboise, la madeleine orange et la madeleine pistache. Elles sont toutes moelleuses à souhait et très parfumées.

J’ai eu un véritable coup de cœur pour la madeleine glacée au citron. Légèrement acidulée, gourmande, bien bombée, nous nous délectons d’un petit paradis. Je valide, ce sont les meilleures de Paris. J’en redemande.

Madeleine praliné, au miel de sapin, truffe noire, caramel beurre salé…  En fonction des saison, vous trouverez différents parfums inédits. J’ai encore du travail ! « Life is so hard ».

Et vous, pour lesquelles allez-vous craquer ?

J’ai dégusté ces petites merveilles avec un thé jaune Huo Shan qui vient du salon de thé/ comptoir Le Jardin du Thé. Mon adresse grenobloise préférée. Vous devez absolument y aller si vous êtes dans le coin. Attention, il est toujours plein à craquer !

C’est au Jardin du thé que j’ai découvert les thés d’origine. J’apprécie la pédagogie de l’ équipe qui essaye d’amener le client à découvrir les différents types de thés et leurs origines. Ils ont un comptoir avec un grand choix de thés et de nombreux accessoires. C’est un peu la caverne d’Ali Baba pour les tea lovers.

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« Provenant de la province de Anhui, il est fabriqué selon la méthode d’un ancien thé impérial de la période Ming. La récolte de printemps se compose d’un bourgeon et de 2 feuilles. C’est un thé vert qui est recouvert pendant 48 heures d’un couvercle de paille et placé au soleil. Ce traitement « à l’étouffé » favorise une légère fermentation et modifie sa couleur pour le transformer en thé jaune. »

Au nez, il révèle des notes de cacao et de tabac. La liqueur, couleur paille, évoque des notes légèrement sucrées,  de poire et d’abricot séché.

Et vous, quels thés aimez-vous associer avec des madeleines ?

A très vite les gourmands 😉 !

Gilles Marchal

9 Rue Ravignan, 75018 Paris

 01 85 34 73 30

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 8h à 20h (Dimanche : fermeture à 19h)

Le Jardin du Thé

2 Rue Millet, 38000 Grenoble

04 76 27 09 45

Ouvert tous les jours sauf le dimanche de 9h30 à 20h